Jeudi 26 août 2010 4 26 /08 /Août /2010 21:10

Le plus troublant dans ces propos est qu'ils étaient d'une criante vérité, mais qui était cet homme ? Qu'a t'ont pu lui faire de si marquant pour qu'il puisse tenir un discours pareil ?

Intrigué, je lui demandais de m'expliquer son histoire ainsi que de se présenter

  • Je 'appelle Victor Borel, j'ai 53 ans, je suis Français exporté aux États-Unis, j'ai été appelé au Vietnam en 1968 ou j'ai été maintes fois blessés, en revenant au pays, nous nous sommes fait cracher dessus par des gens qui ignorent tout de ce que l'ont a endurer durant plusieurs années, je ne supportais plus cette humiliation, c'est pour cela que je suis revenu dans mon pays natal qu'est la France. Nous sommes aujourd'hui en 2001 et ce souvenir douloureux ne s'est jamais effacé, on nous a dit que nous étions fait pour la guerre et que jamais cela ne changerai jamais, que nous resterions des soldats pour toujours. On m'a renvoyé en Irak le 12 septembre 2001, le lendemain de l'effondrement des tours et si je suis a l'hôpital aujourd'hui tu auras surement compris que la raison principale fut la riposte musclée des Irakiens

Plus cet homme m'expliquait sa vie, plus mon calvaire devenait minime vis a vis de lui, je commençais a profondément l'admirer pour tout ce qu'il avait accompli pour son pays et méprisais la population américaine qui avait osé porté le coup de grâce a des hommes patriotes déjà a terre qui ont servi leur patrie jusqu'au bout, quitte a mourir pour elle. Cela avait le don de me mettre hors de moi.

Il me demanda de me présenter a mon tour, et ne sachant pas moi même mon identité il fut dur pour moi de ne pas lui répondre a une question aussi banale, fort heureusement, Victor avait écouté le discours que m'avait tenu le médecin quelques temps plus tôt et s'excusa d'avoir lancé ce sujet. J'aurai aimé regarder cet homme dans les yeux et lui parler afin de capter ses expressions et sentiments, je crois que revoir les visages va être la chose qui me manquera le plus, quoi qu'il en soit, mon heure a sonné donc je n'ai pas le temps de me lamenter sur mon sort. J'avais toutefois une dernière requête a formuler avant le grand voyage, j'aimerais sortir une dernière fois, sentir la rosée du matin et la brise fraiche sur mon visage, entendre le rire d'un enfant... Toute ces petites choses auxquelles on ne prête plus attention lorsque l'on peut se servir de ses yeux.

Les minutes puis les heures défilèrent a toute vitesse sans que je puisse m'en rendre compte, mon état de santé avait l'air de se stabiliser et la morphine que l'on m'avait administré faisait lentement son effet me rendant par la même occasion complétement insensible a mon environnement, même si les sautes d'humeur nocturnes de Victor commençaient a me faire peur.

Lorsque je repris pleinement le contrôle de mon corps, je commençais a penser a un moyen de m'enfuir de cette hôpital avant que je ne devienne dingue, ce n'est pas rester dans un lit a me tourner les pouces qui me permettra de retrouver qui je suis, mais avec une de mes jambes ainsi que mes deux bras enfermés dans un plâtre, il sera très difficile de me déplacer.

J'ai donc choisi de rester encore un peu histoire de me rétablir avant de commencer ma quête a la recherche de mon identité.

2 semaines suivirent, tout les jours finissaient par se ressembler, ma seule distraction était d'écouter toutes les conversations a ma portée, j'avais plus l'impression d'être un spécimen a étudier qu'un patient miraculé, les chirurgiens me tournaient autour tel des rapaces afin de connaître la raison de ma survie au milieu d'un « blizzard », je n'avais vraiment aucune idée de ce dont ils parlaient, une chose était sure, j'étais miraculé. Ceci dit, il y a tout de même une ombre au tableau, lorsque l'on me parlais de survivants, je pensais a la gloire, a la reconnaissance. Mais la réalité est tout autre, un miraculé s'apparente a un handicapé, un homme auquel nous n'accordons aucun respect ni aucune reconnaissance, il n'a droit qu'a la pitié des personnes âgées passant devant sa chambre, remarquez, si l'on pousse le raisonnement plus loin, un miraculé n'est rien d'autre qu'un chanceux, et pourtant un gagnant a la loterie est tout aussi chanceux et a droit a une reconnaissance bien plus grande. Honnêtement, je ne trouve pas ca juste, je sais que certains trouveront mon raisonnement peu objectif voir infondé, ou d'autres penseront simplement que je recherche la gloire et me trouveront imbus de ma personne. Et bien peu importe ce que pense un peuple dominé par l'argent et la luxure, pour eux, la seule loi du plus fort est celle du plus riche, je trouve ca navrant.

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Par Marvin
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