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En comprenant que l'on était venu me sortir de cet enfer blanc je jubilais intérieurement ce qui contrastait d'ailleurs avec la douleur physique.
En me réveillant, je me retrouvas emplâtré de la tête aux pieds, seul et les yeux bandés. Quelqu'un
s'avança vers moi et me chuchota:
Je suis sincèrement désolé mais nous sommes intervenus trop tard, le choc contre le bitume a provoqué plusieurs fractures des cotes, une torsion grave du genou ainsi qu'un traumatisme crânien ayant causé une fracture orbitale et affecté votre mémoire, vous ne pourrez probablement plus jamais revoir, ceci dit, pour ce qui est de la mémoire et c'est une bonne nouvelle, vous devriez peut être la retrouvez d'ici 2 a 3 semaines mais je ne vous garantis rien, en attendant je vous garde en observation.
Le médecin avait évité d'être catégorique sur le sujet me laissant ainsi l'espoir de retrouver la mémoire mais je ne cache pas que son « peut être » a eu le don de m'effrayer plus que je ne l'étais déjà. J'ai soudainement été pris d'une peur irrationnel, en effet, sans m'en apercevoir jusqu'à maintenant je découvrait avec stupeur que je ne savais ni qui j'étais ni comment je suis arrivé dans cette hôpital.
Ces nouvelles eurent l'effet d'une grande claque, je me suis même surpris a penser que la mort aurait été préférable a cet état de handicap permanent. Après tout, j'avais du le mériter, c'est ce qu'on appelle probablement l'équilibre des choses, je paye aujourd'hui mes mauvaises actions dont je n'ai aucun souvenir.
D'une seconde a l'autre, un mal de crane indescriptible de par son intensité s'est déclaré suivi de convulsions tout aussi violentes. Je pus entendre certaines brides de conversations entre médecins parlant de rupture d'anévrisme due a l'opération qu'ils ont du effectuer sur mon cerveau après un certain accident, d'où mes blessures actuelles.
Lorsque je repris mes esprits, toute notion du temps m'échappait, depuis combien de temps était-je allonger sur ce lit ? De plus, ma cécité actuelle n'arrangeait pas les choses.
Le neurochirurgien expliquait clairement a ses internes que mon cas était désespéré, que mon temps était donc compter, malgré cette nouvelle, je ne pus m'empêcher de me réjouir, toute cette douleur allait enfin s'en aller pour toujours et enfin je pourrais accéder au repos éternel. Une question me tourmentait encore, et je ne m'en irai pas avant d'avoir eu la réponse de la part d'un médecin, j'interpellais le premier passant dans le couloir ne sachant pas si c'était un médecin ou non
Excusez moi, qu'est-ce qu'une rupture d'anévrisme ?
Je l'entendit s'éloigner doucement de ma chambre sans aucune réponse, étais-je si repoussant ? Un handicap est il une raison suffisante pour exclure quelqu'un ? Évitant toute notion de philosophie, je posais cette question a qui veut l'entendre sans jamais que l'on me réponde lorsqu'une voix s'éleva dans mon dos:
Cherche pas a comprendre, t'as le cerveau en compote c'est tout ce que tu as a savoir
Mon voisin de chambre s'était mis a me parler sans jamais que je ne puisse soupçonner sa présence
Écoute moi bien, je vais t'expliquer quelque chose tiré de ma propre expérience: les gens ont peur de ce qui est différent d'eux et ne sortent que très rarement de leur schéma quotidien, ils fréquentent le même type de personne, les mêmes endroits et excluent ce qui ne fait pas partie de leur vie courante. Pour eux tu es une anomalie, tu ne rentre pas dans le système conventionnel, pour tous ces gens: spécial ou différent s'apparente a étrange.
Désemparé, je lui demanda si les gens me traiteraient de cette façon toute ma vie et voilà ce qu'il m'a répondu, je n'oublierai probablement jamais cette phrase.
La seule raison pour laquelle les gens « différents » comme toi et moi ne se font pas éliminer est que la loi l'interdit, c'est aussi simple que ca, si l'État tolérait l'extermination des gens spéciaux, la population ne se gênerai pas pour se débarrasser de ce qu'ils appellent familièrement des « freins » a la croissance du pays.
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